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 L'ostéoporose masculine à l'étude à l'Inserm de Lyon

........................................................................................................................ 15/10/2007

Les femmes ne sont pas les seules à souffrir d'ostéoporose. Avec l'augmentation de l'espérance de vie, les hommes eux aussi sont exposés au risque de déminéralisation osseuse et de détérioration de la solidité de leurs os. A l'Unité Inserm de Lyon, l'étude Strambo dirigée par le Docteur Pawel Szulc, chercheur et spécialiste de l'ostéoporose masculine porte sur une meilleure connaissance de ce problème.
Projection d'une colone vertébrale sur un dos masculin.


Que ce soit chez l'homme ou la femme, la première manifestation de l'ostéoporose est une fracture. Jusqu'à ce phénomène, la maladie est silencieuse. Avec l'âge, on observe une perte osseuse chez l'homme et la femme. Après la ménopause, on constate une diminution rapide de cette densité minérale osseuse chez la femme. « Cette perte osseuse est moins importante et plus lente chez l'homme, observe le {{Docteur Pawel Szulc}. On peut parler d'une accélération après l'âge de 70 ans} ». On relève ainsi 25 % de fractures du col du fémur chez l'homme. Et l'incidence des fractures vertébrales est inférieure de moitié chez l'homme par rapport aux femmes. D'autres fractures (radius, humérus) sont un peu moins fréquentes chez l'homme que chez la femme.

Mieux prévenir les fractures chez l'homme

« Mais il n'y a pas de critère diagnostique de l'ostéoporose chez l'homme. A l'inverse, chez la femme, il existe des critères ostéodensitométriques fixés par l'Organisation mondiale de la santé depuis 1994 : il s'agit d'un seuil de la densité minérale osseuse », précise notre chercheur de l'Inserm de Lyon. Toutes les femmes ayant une densité en-dessous de ce seuil sont considérées comme ostéoporotiques. Face à ce phénomène, il faut donc de nouveaux paramètres pour améliorer les prédictions de fractures chez l'homme. « C'est indispensable pour mieux identifier les hommes à haut risque de fracture qui ont besoin d'un traitement anti-ostéporotique », ajoute le Docteur Pawel Szulc. C'est l'objectif de l'étude Strambo commencée en 2006 et menée sur huit ans sur une cohorte d'environ 750 hommes âgés de plus 60 ans.

Mieux expliquer la fragilité osseuse chez l'homme

Tous les sujets sont soumis à plusieurs examens : une ostéodensitométrie classique pour mesurer la quantité de calcium dans l'os ; une microtomodensitométrie pour mesurer la micro-architecture osseuse ; une prise de sang et un examen urinaire pour les marqueurs biochimiques du remodelage osseux. Chaque année, ils répondent à un questionnaire. « Les fractures et données recueillies permettent ainsi d'établir des paramètres qui prédisent le mieux les fractures. Le but de l'étude Strambo est surtout d'en savoir plus sur la modification de la micro-architecture osseuse chez l'homme et son rôle en tant que déterminant de la fragilité osseuse », conclut notre chercheur. En attendant, il est plus que jamais nécessaire de privilégier une alimentation riche en calcium et en vitamine D (produits laitiers). Certaines personnes âgées, en particulier celles vivant en institution et celles qui sortent peu, peuvent avoir besoin d'un traitement par la vitamine D. Leur médecin traitant pourra aussi leur donner des conseils personnalisés.

Anne-Laure GUIOT